La population québécoise active sur le marché du travail diminue. Dans ce contexte, la pénurie de main d'œuvre est une réalité avec laquelle les entreprises doivent composer.
Pour ce faire, les travailleurs qualifiés issus de l'immigration représentent une richesse certaine à laquelle nous pouvons faire appel. Afin d'utiliser le talent de ces travailleurs, il est essentiel d'opérer un processus de recrutement objectif exempt d'un maximum de biais culturels en entrevue. L'un des exemples les plus marquants des biais culturels en entrevue est la fameuse poignée de main. Généralement, on s'attend à une certaine fermeté.
Plusieurs recruteurs sondés sur le sujet affirment percevoir une poignée de main molle comme un signe de timidité et un manque de confiance. Certains iront jusqu'à remettre en question la fiabilité du candidat pour cette raison. Là où on peut parler de biais culturels c'est que la même poignée de main pour des candidats de l'Asie de l'est serait perçue comme un signe de respect.
De nombreux autres biais culturels peuvent se produire lors d'une entrevue. Il suffit de penser au temps de parole. Nous sommes culturellement habitués à parler chacun notre tour, et ce, après un court silence entre nous et notre interlocuteur. Qu'en est-il si le candidat nous coupe la parole ou bien s'il met un long moment avant de répondre ?
Est-il impoli ? Tente-t-il d'inventer une réponse ? Il est de mise d'être prudent dans notre interprétation, puisque couper la parole dans les cultures du Moyen-Orient est un signe de grand intérêt et de hâte à répondre ou à commenter. À l'inverse, en Asie de l'est, l'intérêt sera plutôt démontré par un long silence puisque la haute pertinence de votre question nécessite un temps de réflexion.
Il est pratiquement impossible de connaître les mœurs de chaque culture. Cependant, demeurer ouvert et s'en tenir à ce qui est dit plutôt qu'aux interprétations permet d'éviter les biais culturels. Il est ainsi possible de se doter des meilleurs talents plutôt que de les éliminer en raison de leurs différences culturelles.
Cet article est tiré d'une conférence donnée au Palais des Congrès le 15 mars dernier, dans le cadre du Salon Emplois et Formation.
- Alexandre Dumouchel, CRHA
Consultant en formation